Expédition au site pyramidal de Lacco
Tout ce qu'il faut savoir avant de s'inscrire à cette expédition — difficulté, autorisations, équipement, tarifs et le lien avec le Paititi.
Une tenue chaude et toujours au sec pour la nuit, et une tenue de marche légère qui peut supporter la boue et la pluie, la même tout au long du trek. Cette stratégie permet d'avoir un sac léger, car une grande partie du sac doit être consacrée à autre chose qu'aux vêtements. La tenue chaude et sèche doit comprendre de bonnes chaussettes et un pull lourd ou une doudoune, car certains camps peuvent se faire en altitude (3 800-4 000 m) et il peut geler la nuit. La journée, en revanche, un t-shirt suffit lors de la marche.
Globalement inutile. La marche se déroule aux trois quarts au-dessus de 2 000 mètres d'altitude, où il y a peu de moustiques ou de mouches. Il y a des taons, mais pas en nombre infernal. Pour s'alléger au maximum, l'anti-moustique, voire la citronnelle, ne fait pas partie des équipements prioritaires.
La charge du sac permet de moduler la difficulté. Ce qui est sûr, c'est que les trois premiers jours sont de loin les plus difficiles, car ils commencent par une montée de 3 000 mètres de dénivelé, et le chargement global de l'équipe — porteurs plus participants — est à ce moment-là le plus lourd. La marche peut être ralentie au besoin, et il y a des camps stratégiquement situés sur le chemin, relativement accessibles pour un profil débutant. C'est-à-dire quelqu'un qui n'est pas un sportif de haut niveau, ni même un sportif régulier, mais qui est quand même un minimum entraîné — par exemple un sportif du dimanche — et qui, de préférence, n'est pas en surpoids significatif. Pour les sportifs de haut niveau ou les profils très entraînés — qu'il s'agisse de profils amazoniens ou de profils montagnards —, il est possible de faire deux camps en une seule journée ; les guides péruviens sauront l'organiser. Dans ce cas, le trek passe à un niveau de difficulté difficile, voire extrême. Au-delà de la montée initiale, selon les autorisations obtenues auprès des autorités péruviennes, la descente vers les zones plus proches de la plaine peut comporter des sections difficiles, très difficiles, voire impossibles : passages à la machette, avec boue, végétation dense et fort dénivelé, où même les meilleurs profils ne peuvent pas dépasser deux kilomètres par jour. Cette partie du trek peut aussi inclure des sections de marche dans l'eau toute la journée, éprouvantes, nécessitant une discipline stricte pour garder les pieds au sec la nuit. Ces zones de plaine relative peuvent inclure des incursions, voire des explorations complètes sur plusieurs jours, dans des terrains dits de « monte » — une forêt très basse, très dense, avec un dénivelé très marqué. Ces explorations se font rarement avec un chargement lourd, plutôt avec un chargement léger, et sollicitent énormément les capacités physiques, même pour les meilleurs profils, y compris ceux ayant de l'expérience de l'Amazonie de plaine. Ce terrain représente un défi nouveau à la fois pour les spécialistes amazoniens et pour les profils montagnards, car il cumule les deux types de difficultés.
Oui, cette logistique peut s'organiser localement au niveau du dernier village avant le no man's land. Pour la montée initiale, notamment pour les treks de 18 jours voire au-delà, les mules sont indispensables. Elles se marient plutôt bien avec une stratégie visant à laisser un minimum de nourriture en haut, ne serait-ce que pour le ou les jours de redescente.
L'explorateur ou journaliste est pris en charge dès l'aéroport par un guide local officiel péruvien. Une période d'acclimatation est nécessaire avant d'entrer dans le cœur du sujet, la marche lourde. Cette acclimatation peut se dérouler dans la région de Cusco / Pisac, avec la possibilité de visiter quelques vestiges incas, ou encore de marcher avec des lamas. Sa durée est variable selon le choix de l'explorateur ou journaliste, mais il faut compter au moins deux jours d'acclimatation.
Ensuite, depuis par exemple Calca, Lamay, Coya, Taray, ou même Lares — si l'acclimatation s'est terminée à Lares par exemple —, s'opère un trajet motorisé en bus ou en voiture jusqu'à la vallée de Lacco, où se trouvent les derniers villages civilisés. Certains sont équipés d'électricité grâce à des panneaux solaires, et il y a parfois une connexion Starlink avec le reste du monde. L'explorateur ou journaliste peut alors rester quelques jours sur place, ou partir directement pour entamer la marche lourde, en lien à la fois avec les autorités locales, le SERNANP, et avec les guides — nécessairement des explorateurs péruviens connaissant le chemin jusqu'au site ou à la zone d'exploration.
Au départ, l'explorateur ou journaliste prend peu d'initiatives, mais plus la marche lourde entre en territoire inconnu, plus la stratégie d'avancée s'opère par un débat entre les guides péruviens et l'explorateur ou journaliste, où ce dernier peut prendre le lead.
Aucune. L'alimentation est habituellement achetée sur place avec les guides eux-mêmes. Leur rapport poids/calories est à peu près équivalent à celui du lyophilisé, notamment via la viande séchée, le thon et des aliments secs comme le riz ou les pâtes.
L'architecture des repas est assez atypique par rapport aux habitudes occidentales : on mange beaucoup le matin, parce que le camp est encore monté, et beaucoup le soir, parce que le camp est déjà remonté. En revanche, très peu à midi — juste un en-cas, qui peut être constitué de pain et de fromage par exemple — et assez peu d'eau durant la montée, ce qui peut constituer un problème d'adaptation lors des premiers jours.
L'eau est principalement gérée le matin et le soir, en grande quantité, via le thé et la soupe — il faut savoir suer sans trop boire durant la journée, le combustible étant peu disponible. Il n'y a notamment pas de feu disponible en journée pour faire bouillir l'eau, une étape nécessaire avant de l'ingérer. Toute eau peut être ingérée sans trop de problème dès lors que la durée d'ébullition est suffisante — les guides péruviens connaissent parfaitement ce sujet. Il est donc conseillé de conserver de l'eau bouillie dès le matin dans sa gourde, éventuellement dans une thermos légère en aluminium, car on ne pourra pas se réapprovisionner en eau au cours de la journée.
Les quatre piliers du bon rapport calories/poids, achetés sur place, sont la viande séchée, le thon, le riz et les pâtes. L'explorateur ou journaliste peut tout à fait apporter des barres calorifiques ou des aliments très caloriques — type Kinder Bueno, barres commando/militaires, ou simplement du nougat broyé et optimisé —, à prévoir d'en distribuer un peu aux guides péruviens eux-mêmes. Mais cela reste un complément, pas le cœur principal de l'apport calorifique durant l'expédition.
Pour les expéditions longues au-delà de 18-20 jours, voire 25 jours ou plus, une activité de pêche et de chasse peut être prévue en complément, mais elle doit être limitée et explicitement inscrite dans les permis autorisant l'expédition. Ces activités sont très difficiles à mener par un étranger non péruvien, même connaissant déjà le milieu amazonien, car il faut savoir pêcher, chasser, et en même temps être capable de se déplacer. Il s'agit bien d'une expédition, et non d'un stage de survie : ce dernier vise à survivre de manière relativement statique, alors que l'expédition doit opérer un mouvement global — certains jours peuvent être à l'arrêt, mais globalement le camp avance. Il faut donc savoir harmoniser la pêche et la chasse avec ce mouvement, ce qui relève en pratique d'une grande expertise, non écrite, transmise avant tout par la tradition orale de locaux dont certains vivent en forêt toute l'année. Ces activités de chasse et de pêche ne sont possibles que si le permis l'autorise explicitement. Si le permis ne l'autorise pas explicitement, elles ne peuvent pas être réalisées, et l'expédition ne peut donc pas être étendue au-delà de 18, voire 20 jours.
Oui. Depuis peu, il est possible d'embarquer une antenne Starlink mobile alimentée par panneaux solaires. Cela a déjà été testé et fonctionne bien, sauf sous un couvert forestier assez dense ou en terrain nuageux, mais globalement, en général, ça fonctionne bien.
Sinon, un téléphone satellite de type Iridium peut être emporté, mais il permet moins de choses — notamment, on ne peut pas discuter sur WhatsApp, la data disponible est très limitée. En pratique, cette data prend la forme de courts SMS, mais pour la phonie, cela peut être assez utile. Iridium a une couverture plus robuste que Starlink, notamment en cas de mauvais temps : Iridium passe assez facilement, alors que Starlink non.
Une balise GPS de type SPOT peut aussi être utilisée. Le rapport qualité-prix est très bon si le besoin est de suivre l'expédition en temps réel, avec une position par jour. En revanche, pour communiquer — donner des informations d'ordre conjoncturel, signaler des imprévus, etc. — ce n'est pas le meilleur outil. Mais c'est un très bon outil, voire le meilleur, pour un suivi géographique de l'expédition.
Il est possible d'abandonner n'importe quand en cours de route — c'est d'ailleurs parfois la meilleure option. Dans ce cas, un ou deux guides rentreront avec l'explorateur ou journaliste ayant décidé d'abandonner, pour diverses raisons.
En cas de blessure, en revanche, il n'est pas réaliste de penser à un secours par hélicoptère. Il est plus réaliste d'envisager une expédition de secours, organisée soit sans, soit avec une liaison directe avec les services de secours. L'hélicoptère est très difficile à poser dans ces zones, la météo y est très capricieuse, et il faut souvent attendre plusieurs semaines pour obtenir un créneau — sans compter le coût relatif, ainsi que le permis nécessaire.
De plus, aucune assurance ne fonctionne dans la zone. L'activité n'est pas considérée comme une activité récréative ou sportive classique du point de vue des assurances, bien que, du point de vue du gouvernement péruvien, elle puisse être considérée comme une activité récréative (sans qu'il n'existe de processus stable et constaté sur ce sujet). Elle est donc considérée par les assurances comme une activité à risque, hors de leur périmètre classique de couverture. Une décharge de responsabilité civile, signée par l'explorateur ou le journaliste, est signée avant le départ.
Tout dépend des capacités physiques de l'explorateur/journaliste. Dans le pire des cas, il peut être accompagné par un seul Péruvien. Dans le meilleur des cas, on peut avoir un rapport de 1 pour 3 entre l'étranger — assez peu entraîné, voire un peu entraîné, mais pas plus que ça — et le nombre de guides/porteurs péruviens qui l'accompagnent.
Ce rapport de 1 pour 3 est considéré comme un rapport maximal, dans lequel l'étranger n'a besoin de porter que ses vêtements, et éventuellement un peu plus, mais pas de nourriture — notamment pas sa propre nourriture, qui représente en général entre 70 et 80% du chargement global de l'expédition.
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